Cinéma

BROKEN FLOWERS (+++)
La solitude. La solitude d'un homme qui s'appelle Don et qui s'était pris pour un Don Juan. La solitude d'un homme qui s'est pris des claques sentimentales. La solitude intérieure de cet homme confrontée à l'agitation du monde extérieur.
Un fils existe. Partir à la recherche de ce fils. Partir, presque forcé par l'ami-voisin, à la découverte de l'identité de la mère de ce fils supposé.
L'homme va retrouver ses enseignes femmes, ses enseignes amours. Il va replonger dans son passé, il va venir bousculer leurs vies, à elles, qui ont continué sans lui. Les retrouvailles sont violentes, bouleversantes pour ceux qui les vivent, touchantes pour ceux qui les observent, car pleines de pudeur, de retenue ou de fougue. Toujours à fleur de peau, car la peau ne se souvenait plus du contact avec l'autre.
Les vies ont fait le grand écart. Et ce film pose la question de ce qui continue à nous unir quand l'amour a disparu. Quels liens peuvent survivre à une rupture amoureuse ? Ce fils pourrait en être un. Mais on ne se réalise pas père du jour au lendemain. On n'apprend pas sans quelque vertige qu'un jeune homme de 19 ans est parti à la recherche de son père, de ses origines, qu'il nous cherche...
Bill Murray offre une palette de sentiments, de troubles, de doutes et d'émotions qui trouvent forcément écho en notre sensibilité. Pas besoin d'avoir 50 ans pour cela. Pas besoin de penser être père pour cela. Son personnage ne le concevait pas lui-même. Il n'a pas 50 ans dans sa tête et ne parvient pas à stabiliser sa vie sentimentale. Il ne se pensait pas père à cet instant, peut-être jamais, d'ailleurs.
Jim Jarmush, fidèle aux musiques qui hantent avec tant de justesse chacune de ses oeuvres, mais aussi aux silences indispensables en écho, signe ici un road-movie attachant et déchirant à la fois, car il aborde la place de l'individu dans une société remplie de vide, sous vide.
12/10/05 - 22:17
J'ai déjà oublié ce film :)))
chapichapo