Retour au bercail...
Tout avait commencé comme un dimanche paisible. Grasse matinée. Les yeux encore embrumés, le plus âgé s'était levé pour aller prendre une douche sous les rayons flamboyants du soleil presque à son zenith. Le plus jeune dormait encore, habitué à s'enrouler encore un peu plus dans la couette quand l'autre se déroule sous l'effet du massage aquatique. Puis il fut temps pour le plus jeune aussi de prendre une petite douche pour bien commencer cette journée. Réveil tranquille et rangement des bagages. Petit-déjeuner très tardif dans le salon ensoleillé d'une maisonnette de banlieue. La mère pose encore quelques questions avant de les raccompagner au métro voisin, avant de les laisser filer vers la capitale et le train du retour.
Mais, auparavant, encore quelques personnes à croiser. Quelques rendez-vous amicaux furtifs. Un couple d'ami pour redonner quelques objets oubliés au Portugal quelques semaines plus tôt et que leur retour permet de retrouver plus rapidement. Discussion amicale et détendue, bien qu'un quiproquo ait plongé les deux visiteurs dans une tension invisible qui passera tout juste pour de la fatigue due au voyage. Il faut déjà repartir, après avoir pris quelques nouvelles de projets professionnels, de la vie familiale, du petit garçon absent mais toujours aussi actif... Il faut maintenant rejoindre une autre amie qui attend dans un bistro de Montmartre avec sa fille. Le temps les presse. Les déplacements en métro semblent interminables ; les couloirs de correspondance trop longs. Enfin ils arrivent, avec leurs trop nombreux bagages, dans ce café bondé. Ils embrassent les deux femmes, la mère et la fille. Ils discutent, parlent de leur voyage à l'étranger, de leurs vies à elles, de leurs problèmes de logement, de boulot, de leurs espoirs. Ils commandent un croque à manger sur le pouce. L'horloge tourne beaucoup trop vite. Ils voudraient rester plus longtemps. Prendre le temps de se poser, là, de bavarder tranquillement. Mais l'expression tant de fois répétée est aujourd'hui exacte : ils ont bien un train à prendre.
Alors il ne faut pas traîner. Déjà, les quelques mètres qui les séparent du quai de la station sont trop longs à parcourir. Puis le trajet - heureusement sans correspondance, cette fois - où chaque seconde sera plus angoissante. Se voyant déjà raté leur train, ils retrouvent espoir en voyant que le métro avance quand même à bonne allure. Mais qu'il est long ce trajet quand on est pressé. Et quelle idée d'avoir proposé ces deux rencontres juste avant un train ! C'est lui tout craché, ça. A vouloir voir un maximum d'amis ou de membres de la famille à chaque passage parisien, ça devient vite un emploi du temps de ministre...
Enfin, la station Montparnasse. Avec ses longs couloirs. Trop longs. Ses escaliers labyrinthiques, ses tapis roulants encombrés, ses touristes égarés et ses promeneurs du dimanche pas pressés... Il ne reste que cinq minutes pour rejoindre le train. Cinq minutes qui paraissent parfois longues, et qui là risquent d'être insuffisantes. Les trop nombreux et lourds bagages les encombrent alors qu'il faudrait courir encore plus vite. Il faudrait presque voler pour attraper ce train. Le numéro du quai est attrapé au vol par le plus âgé qui fonce et perd presque son petit. La sonnerie retentit déjà quand il arrive sur le bon quai, mais l'autre, derrière, n'a pas suivi. Les portes vont se fermer, le train partir... et le plus jeune ne pointe pas le bout de son nez au bout du quai ! Les contrôleurs demandent de ne pas gêner la fermeture des portes. Tout le monde se précipite. Ils ne sont pas les seuls retardataires.
Finalement, il est arrivé juste à temps, s'est presque fait écraser par la porte automatique du dernier wagon. Ils ont réussi à attraper leur train. Ils sont à bout de souffle. Epuisés. Mais ils sont dans le bon train pour revenir chez eux au terme d'un long trajet... Brest est au bout du monde, c'est là qu'on s'en souvient le plus. Et ils ne croient pas si bien penser.
Alors que la première heure est vite passée, grâce à la grande vitesse du train du même nom et à leur nécessaire récupération après l'effort du départ, la gare du Mans leur réserve une mauvaise surprise. Le contrôleur annonce un train "en détresse" devant le leur, qui bloque le trafic et oblige les autorités à détourner leur train vers Nantes, avant de remonter ensuite à Rennes et de récupérer son itinéraire normal. Un retard de 1h30 est à prévoir.
C'est sans compter le délai pour repartir de la gare du Mans à moitié paralysée par cet évènement. C'est sans compter les arrêts bien plus longs que d'ordinaire dans chaque gare. L'ultime soirée de vacances se transforme en pénible retour au bercail. Les minutes passent bien plus lentement que tout à l'heure dans le métro qui leur a quand même permis d'être à l'heure. A l'heure au départ. Car l'arrivée sera bien plus tardive : 0h45. Soit 2h15 de retard. Un bon de dédommagement à remplir, histoire de compenser un peu le désagrément...
Epuisés par un si long chemin de retour, Mr Paco et Mr Fabulous ne réalisent pas tout à fait qu'ils retrouvent quand même leur port d'attache...
06/03/06 - 18:12
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jeuneparisien1978