Discussion...
Le débat, la discussion, qui a eu lieu entre Ségolène Royal et François Bayrou a été un temps fort de la démocratie française. Certains reprochent à cette rencontre d'être emblématique des magouilles électoralistes de couloirs. C'est en fait tout l'inverse. Il s'agissait bien d'offrir aux citoyens-électeurs une discussion sereine et constructive entre des personnalités politiques d'horizons différents mais qui pouvaient avancer avec intelligence sur tous les sujets au centre de cette campagne pour l'élection présidentielle. Il s'agissait que chacun puisse entendre les convergences et les divergences entre la candidate de la gauche, qualifiée pour le second tour de cette élection, et le candidat centriste, arrivé troisième, qui ne participe pas à ce second tour, mais qui, rassemblant tout de même près de 7 millions de suffrages, peut continuer à apporter son propre regard sur le débat qui a lieu entre les deux finalistes. Il ne s'agissait pas, comme ils l'ont d'emblée rappelé, d'opérer un ralliement, une alliance, de donner une consigne de vote.
Il est quand même intéressant de pouvoir assister à une telle discussion. Non pas comme le débat qui aura lieu mercredi prochain entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, les deux candidats pour lesquels les Français devront voter dans huit jours. Le débat ne se situe évidemment pas au même niveau, l'enjeu n'est pas le même. Une telle rencontre publique entre le candidat UMP et celui qui n'est arrivé que troisième aurait d'ailleurs été aussi intéressante.
On a pu y voir ce qui était commun à Bayrou et Royal : la démocratie réformée, le fonctionnement des institutions, l'éducation, de nombreux points de la politique européenne ou de sécurité, certains éléments de la politique sociale... On a aussi pu constater que la politique économique souhaitée par Bayrou n'est pas la même que celle que prône Royal, le premier voulant moins d'interventions de la puissance publique, la seconde voulant la renforcer quand c'est nécessaire mais avec aussi une plus grande responsabilisation des individus et des partenaires privés...
Finalement, les points de convergence semblent plus forts que les divergences, même si celles-ci existent bel et bien. La convergence d'analyse et de méthode sur de nombreux points essentiels existe sans doute davantage qu'avec Nicolas Sarkozy. L'essentiel étant de constater que les valeurs fondamentales de notre société sont sensiblement les mêmes ici, alors qu'elles ne le seraient sans doute pas tout à fait là. La méthode politique n'est surtout pas la même avec celui dont on a déjà pu voir depuis cinq ans qu'il ne fait que renforcer les affrontements, les clivages et les communautarismes dans notre société, et ira certainement encore plus loin sur cette voie s'il dispose des pleins pouvoirs !
30/04/07 - 14:08
Un post sans commentaire ? Je ne pouvais pas laisser passer cela.
jeuneparisien1978