Libre antenne...
C'est quand même pas mal de pouvoir réagir en direct...
Vous écoutez tranquillement la radio en partant au boulot tôt le matin. Vous écoutez les propos du Ministre des Affaires Etrangères, répondant aux interrogations du journaliste de France Inter. Vous êtes de plus en plus agacé par le ton agressif et péremptoire de Kouchner. Vous vous dites qu'il est temps de l'interpeller, à votre tour, pour recadrer un peu les réponses du Ministre, pas forcément sur le fond, mais surtout sur la forme.
Alors vous décrochez votre téléphone, vous insistez car le standard est saturé, vous tombez finalement sur une hôtesse qui note votre question, que vous qualifiez plutôt d'interpellation et dit qu'elle vous rappellera si la question intéresse Nicolas Demorand, le "patron" du 7-10 d'Inter.
Quelques brèves minutes s'écoulent avant que le standard de la radio vous rappelle, alors que vous roulez tranquillement vers votre lieu de travail de la matinée. Vous voilà sélectionné pour passer à l'antenne dans moins de deux minutes. Il est temps de se garer à l'une des sorties de la voie express pour poser sereinement votre question, pour interpeller le Ministre.
Et voilà ce que ça donne :
"Fabien nous appelle de Bretagne. Bonjour à vous, Fabien."
"Bonjour. Bonjour, Bernard Kouchner. Je me demandais en fait si l'homme de gauche que vous avez été encore récemment - que vous êtes au fond de votre coeur - n'était pas suffisamment mal à l'aise pour être de plus en plus agressif, et toujours plus agressif, quand les journalistes font leur travail en vous interpellant, notamment sur la question des droits de l'homme, comme l'a fait tout à l'heure Nicolas Demorand ; et si vous n'êtes pas suffisamment mal à l'aise dans ce gouvernement de droite qui bafoue les valeurs auxquelles vous avez cru - et auxquelles, je pense, vous croyez toujours - mais qui les bafoue de plus en plus chaque jour sur la place publique ; et si ce décalage entre vos convictions profondes et la pratique politique qui doit être la vôtre en tant que Ministre de ce gouvernement Fillon-Sarkozy n'est pas suffisamment forte pour vous mettre mal à l'aise et soulever cette agressivité de plus en plus grande dans vos prises de parole."
"Alors Bernard Kouchner va vous répondre..."
"... avec une douceur que vous saluerez autant que ma soi-disante agressivité. Vous savez, on n'est pas forcé de rester toujours calme quand on est indigné, Monsieur. Mais, pour répondre précisément à votre question, je crois demeurer dans mon coeur - comme vous dites - un homme de gauche. J'ai salué un certain nombre des positions de ce gouvernement - pas toutes - et je m'efforce de servir mon pays à l'endroit où je suis. Le jour où je ne pourrais pas, le jour où je serai vraiment indigné, eh bien je partirai. Je ne le suis pas pour le moment. Et je vous rappelle, Monsieur de gauche - parce que vous êtes de gauche aussi, j'imagine - que lorsque le Président Mitterrand a visité Monsieur Khadafi en 1984, il n'était vraiment pas en odeur de sainteté, il ne récupérait pas la communauté internationale, comme c'est le cas aujourd'hui. Quand on a reçu Jaruzelski en France, j'étais indigné, c'était François Mitterrand. Quand il a visité Bachar El Assad en Syrie, j'étais indigné... Il y en a bien des indignations de gauche quand on est de droite et des indignations de droite quand on est de gauche. Hélas, ça s'appelle la réalité. C'est plus facile à voir de loin que de mettre les mains dedans."
11/12/07 - 00:31
Bien envoyé, Bernard ! Vous lui avez cloué le bec, à ce morveux de
FabriceFabien ! :o) jeuneparisien1978